L’appel du Pape

Les événements liés au drame des réfugiés qui cherchent asile nous ont tous beaucoup touchés depuis la semaine dernière. Et le Pape François a bien fait de lancer cet appel aux paroisses du monde entier pour que chacune accueille une famille. C’est bien à une échelle humaine de proximité que tu pourras agir et t’organiser avec d’autres. Aussi, pour t’aider dans ce sens, l’Equipe nationale a souhaité te communiquer les éléments suivants :

 

L’appel du Pape du Dimanche 6 septembre 2015 :

« Devant la tragédie des dizaines de milliers de réfugiés qui fuient la mort à cause de la guerre et de la faim, et qui sont en chemin vers une espérance de vie, l’Évangile nous appelle et nous demande d’être “les prochains” des plus petits et des abandonnés, à leur donner une espérance concrète …

Que chaque paroisse, chaque communauté religieuse, chaque monastère, chaque sanctuaire d’Europe accueille une famille, à commencer par celles de mon diocèse de Rome », a-t-il répété, détachant chacun de ses mots, avant de se tourner « vers mes frères les évêques d’Europe, vrais pasteurs, pour qu’ils soutiennent mon appel dans leurs diocèses ».

 

Extraits du communiqué de la Conférence des évêques

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France reçoit avec joie et relaie l’appel du Pape François à l’accueil de familles de migrants…

L’invitation du Pape François rappelle à tous que l’ampleur de l’afflux de réfugiés en Europe est inédite et durable.

Depuis de nombreuses années, des diocèses, des paroisses, des communautés religieuses, des monastères, des sanctuaires et des associations œuvrent déjà auprès des réfugiés. Cette expérience acquise met en lumière les besoins de compétences spécifiques, de moyens et de temps nécessaires pour la mise en place d’un véritable accueil et d’un accompagnement digne…

Ainsi, pour entrer dans cette nécessaire nouvelle dynamique, la question des moyens doit être reposée à frais nouveaux. C’est l’économie même de notre société qui est remise en cause. Les schémas actuels, inadaptés, doivent être révisés.

C’est pourquoi, le seul appel à l’initiative privée ne saura suffire à résoudre la question des migrants. Il est nécessaire de s’engager dans des actions en véritable partenariat impliquant les forces vives de notre communauté nationale : Etat, collectivités locales, associations…

Comme il a déjà pu le faire, le Conseil Permanent rappelle par ailleurs l’importance de se préoccuper des causes de ces migrations. La communauté internationale, l’Europe, les gouvernements, ne peuvent ignorer la situation politique et économique des pays d’origine ou encore le rôle des filières qui exploitent la misère humaine.

Par son appel enfin, le Pape François nous invite à changer notre regard et notre discours sur les migrants. Il nous faut cesser de considérer ces personnes comme des agresseurs dont on doit avoir peur. Migrants économiques ou politiques, il n’est pas acceptable de faire un tri qui viserait à en accueillir certains seulement.

Ces personnes ne viennent pas dans un esprit de conquête mais de fuite et de survie.

Tous peuvent participer à l’action commune, nous invitons chacun à s’engager à sa mesure.

 

Extrait d’une interview du Cardinal Vingt Trois cité par La Croix le 4 sept

« L’Évangile nous presse d’accueillir l’étranger, mais quand des milliers d’entre eux frappent à la porte, que peut-on faire? On ne demande pas à chaque chrétien d’accueillir tous les réfugiés, on lui demande d’accueillir qui il peut accueillir et de faire ce qu’il peut faire. Mais se défendre de faire quelque chose sous le prétexte que ce que, moi, je peux faire, est sans proportion avec les besoins, cela revient à dire: je ne fais rien. Tout le monde ne peut pas faire des choses extraordinaires, mais tout le monde peut faire quelque chose. »

« Il reste que la racine de cette tragédie est évidemment dans les souffrances et les crimes que les réfugiés essayent de fuir, reprend le cardinal Vingt-Trois. La seule solution est une solution politique. »